L’arbre : l’ormeau

   

L’orme champêtre ou Ormeaux,

Indigène d’Europe il peuplait les campagnes et les places de villages

En 1792, le procureur de la ville de Saint Denis, décide de planter un arbre de la liberté, sur la place de l’Ormeau. L’arbre choisi pour célébrer la révolution se trouve dans le cimetière. Son arrachage est effectué par une douzaine de gardes nationaux et dure tout l’après-midi. Il est alors trop tard pour le replanter et il est donc laissé sur la place de la Commune, au bord du trou prévu pour sa plantation. Le lendemain matin, consternation, il a été scié en deux. Deux bandes de fer sont alors apposées pour lier les deux parties et le plantage de l’arbre et la cérémonie se déroulent normalement. Le coupable n’a jamais été retrouvé et il faut attendre le 10 août 1793 pour que l’arbre mort soit remplacé ! (Anecdocte tirée du livre ‘Oléron Ile de la Liberté’, de Philippe Lafon)

En 1880 un Ormeau est alors planté sur la place du même nom. Celui-ci après 1 siècle de vie est mort sous les coups et la volonté d’être humains qu’il gênait.

Tous les Ormeaux n’ont pas eu ce parcours. A travers notre beau pays les Ormeaux ont affronté deux grandes épidémies de graphiose ou maladie Hollandaise, en 1919 puis en 1970.

Cette maladie d’origine asiatique est due à un champignon mortel transmis par un insecte, le scolyte, qui s’infiltre sous l’écorce, bloquant la circulation de la sève.

Le champignon est réputé se transmettre de deux manières : par l’insecte vecteur et par contacts racinaires (une contamination par des outils de taille est aussi possible).

Le scolyte vecteur se reproduit sur les arbres mourants. L’adulte a besoin de consommer un peu d’écorce d’orme pour atteindre sa maturité sexuelle.

C’est durant ce repas de maturation qu’il transmet la maladie aux arbres sains en transportant des spores d’un arbre malade à un arbre sain. Les arbres voisins sont en étroit contact via des « greffes » de racines. Le champignon est capable de passer d’un arbre malade à un voisin sain via ces greffes. Cela permet à la maladie de se disperser très efficacement dans une haie relativement mono spécifique où les ormes sont en contact racinaire.

Il n’y a pas de remède à cette maladie ; il est généralement préconisé d’abattre l’arbre malade, arracher tronc et racines, brûler le tout pour qu’il en contamine moins d’autres (prophylaxie), bien qu’en général le mal soit déjà fait.

 

Ce contenu a été publié dans fanzine, histoire naturelle, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.