Le Drapeau des Pompiers de Sedan

Historique de la Compagnie des Sapeurs-Pompiers de Sedan.

Histoire de Sedan par Prégnon. Tome III pages 278 et 279.

                  Après la restauration du 18 brumaire (9novembre 1799), lorsque le calme commença à se rétablir, on songea à créer une nouvelle institution qui, dans son origine, parait n’avoir pas été militaire, mais qui, dans la suite, le devint : c’est celle de la Compagnie des Pompiers.

Le 8 brumaire an IX (30 octobre 1800), le maire et les adjoints considérant

« qu’il était d’une nécessité urgente qu’il y eut à Sedan une compagnie spéciale composée de couvreurs, de charpentiers, de maçons et d’autres ouvriers fort et intelligents, pour porter, en cas d’incendie, des secours prompts et efficaces, arrêtèrent que cette compagnie serait composée d’un chef, de quatre directeurs, et de vingt travailleurs, ensemble 25 hommes à la nomination du maire et de ses adjoints ; que le chef aurait la surveillance de l’entretien des pompes, seaux, échelles, sur les devis faits et arrêtés ; que le dernier jour de chaque trimestre, il convoquerait la compagnie sur la place de l’Isle, pour faire l’exercice des pompes et autres manœuvres nécessaires ; qu’en cas d’incendie, avertis par la cloche, le tambour ou le cri public, ils se rendraient de suite sur les lieux ; que les premiers arrivés, jugeant l’emploi des pompes nécessaires, iraient les chercher le plus tôt possible, ainsi que les premiers citoyens honnêtes qui se présenteraient pour empêcher la confusion et quelque fois le pillage de la maison incendiée ; que chaque membre de la compagnie aurait une marque distinctive sur le chapeau ou à la boutonnière pour être reconnu, et qu’il serait exempt de toute garde, de tout détachement militaire ; qu’enfin, copie du présent arrêté serait adressée aux citoyens préfet et sous-préfet, pour obtenir leur autorisation. »

            Cet arrêté, apostillé favorablement par le sous-préfet de Sedan, Mr Goulet d’Olizy, fut approuvé à Mézières, le 27 frimaire an IX (18 décembre 1800), par Mr Frain, préfet des Ardennes, et donna ainsi naissance à la compagnie si utile de nos sapeurs-pompiers.

             L’organisation de cette compagnie s’améliora progressivement. Après la Restauration, elle fut constituée légalement comme faisant partie de la garde nationale, dont elle forma un corps d’élite.

                En 1822, elle reçoit un règlement définitif. Son effectif fut de 5 officiers, 8 sous-officiers et 84 sapeurs, formant 6 escouades, portant chacune un numéro d’ordre. Par ce règlement, les sapeurs sont admis par le maire sur la présentation du capitaine. Les officiers sont nommés par le préfet, sur la présentation du maire et sous l’approbation du ministre de l’intérieur, et les sous-officiers sont nommés définitivement par le préfet.

                  L’uniforme de ce corps est gilet, pantalon, habit, doublure et retroussis bleus ; revers, collet et parements de velours noir ; double bande rouge au pantalon et passe-poil rouge à l’habit ; boutons blancs à grenade : épaulettes de grenadiers ; casque en cuivre, modèle de Paris ; le sabre ou briquet d’infanterie. Ils doivent être munis de haches et autres outils nécessaires en cas d’incendie. Ils sont sous la surveillance immédiate du maire, et doivent déférer à toutes les réquisitions faites par ce magistrat. Ils sont soumis à un conseil de discipline, sur le modèle de celui de la garde nationale. Leur service est essentiellement gratuit : accepter une rétribution des particuliers secourus est un cas d’exclusion ou de renvoi. Dans les fêtes et cérémonies publiques, ils marchent à la tête de la garde nationale, mais ils reçoivent les ordres du commandant de cette garde. La ville supporte toutes les dépenses occasionnées pour le service.


LE DRAPEAU DE LA COMPAGNIE DES SAPEURS-POMPIERS DE SEDAN

EN 1870

SOUVENIR DU 6 SEPTEMBRE 1870

PAR L’ANCIEN MAIRE DE SEDAN

A. PHILIPPOTEAUX

SEDAN

18 OCTOBRE 1890

 

BANQUET DU 19 OCTOBRE 1890

Mes chers amis,

C’est encore un souvenir du regretté M. Th. Louïse et l’accomplissement d’une sorte de promesse envers lui qui m’amènent à vous faire le récit que vous voulez bien me demander. La dernière fois que M. Th. Louïse vint me voir dans mon cabinet de travail, où les intérêts du Collège l’avaient amené si souvent, il était déjà bien malade. Nous parlions de notre Association, de notre dernier banquet et des beaux vers du camarade Hupin sur les Drapeaux de notre armée détruits ou sauvés le 1er septembre 1870 ; de ces drapeaux dont pas un seul n’est tombé aux mains de nos ennemis.

« A ce sujet, lui dis-je, voulez-vous, mon cher ancien Principal, que je vous montre une relique qui n’est guère sortie de sa cachette depuis vingt ans ? » Il accepta avec empressement, et je tirai du fond de ma bibliothèque un petit paquet de papier renfermant une aigle, une frange d’argent, et des lambeaux de soie tricolores sur l’un desquels on lit, en lettres dorées, le nom : SEDAN.

« – Qu’est-ce que cela! me dit-il.

« – C’est ce qui reste du Drapeau de notre Compagnie de Pompiers de 1871 ! »

A cette vue, M. Th. Louise parut se ranimer soudain, et prenant un des débris que je lui présentais, lui que la mort avait déjà frappé de son aile, il ajouta avec une sorte d’enthousiasme :

« – Mais donnez-moi cela, donnez-le pour notre Association amicale ….

« Remettez-moi au moins de nouvelles notes et des détails pour compléter notre Bulletin… , je m’en chargerai, etc.

«  – Merci, lui répondis-je ; merci… , à notre prochain banquet, nous reparlerons de tout ce que je vous raconte et de ce que je vous montre… »

Nous voici à ce banquet, mes Amis, et j’y reste seul pour tenir notre promesse.

Reportons-nous au 6 septembre 1870 !

A peine entrés et devenus maitres absolus dans notre malheureuse ville, les Prussiens donnèrent l’ordre d’apporter en dépôt à la mairie les armes de toute nature (de guerre, de chasse ou de luxe) que les habitants pouvaient avoir en leur possession. Il fallait préparer immédiatement, dans l’hôtel de ville, une place pour ce dépôt qu’on devait transférer ensuite à la citadelle.

Le Maire de 1870 (que vous connaissez bien) voulut s’occuper personnellement de ce détail ; il songea à la petite salle contiguë au grand salon et qui se trouve au premier étage, juste au-dessus du secrétariat (elle servait de buffet dans nos soirées, elle est aujourd’hui l’antichambre ou le vestiaire des membres du Conseil municipal).

Celte petite salle se trouvait, ce jour-là, encombrée de matelas, de couvertures et d’autres objets préparés pour nos ambulances, et, dans un coin, quelques oriflammes et ornements destinés, autrefois, à nos fêtes et cérémonies publiques.

Au milieu de tout cela, le Maire reconnut tout à coup la hampe d’un drapeau : c’était celui de la Compagnie de nos Sapeurs-Pompiers, qui avaient si bravement fait leur devoir depuis la déclaration de guerre et le jour même de la bataille !

Et leur drapeau existait encore: il était encore là !

Le capitaine n’y avait donc pas songé et n’en avait pas pris souci ?

Et la Mairie, assaillie de tous côtés et obligée de répondre à tout et à tous, dans ces jours néfastes, avait commis, momentanément, un trop pardonnable oubli.

Et à cette heure les Prussiens remplissaient l’hôtel de ville!

L’ancien Maire, à vingt ans de distance, ressent encore, je vous l’atteste, le frisson de patriotisme qui le saisit alors. Quel trophée pour l’ennemi s’il pouvait mettre la main sur ce seul drapeau et envoyer à Berlin un étendard sur lequel se trouvaient inscrits, en gros caractères, les noms de NAPOLEON et de SEDAN.

Il fallait à tout prix sauver cet emblème sacré, et le sauver bien vite ! Car on entendait les bottes prussiennes retentir dans les escaliers et les voix allemandes faire leurs réquisitions au secrétariat.

Heureusement, le Maire était monté seul ; redescendant en hâte au secrétariat, il donna l’ordre de répondre à tous qu’un impérieux motif l’obligeait à s’absenter quelques instants ; puis, escaladant de nouveau le petit escalier, il s’enferma, il se barricada en quelque sorte , dans la petite salle du premier étage. Il saisit, parmi les objets qui l’entouraient, le Drapeau des Pompiers, arracha fiévreusement de la hampe toute l’étoffe de soie et ses franges d’argent et se l’enroula sur le corps sous ses vêtements.

Mais il restait l’aigle, solidement fixée à la hampe, et pas un outil, pas un instrument sous la main pour scier ou briser ce bois et arracher cette aigle! Et si l’ennemi les saisissait, qu’adviendrait-il avec lui ! Lui qui punissait comme crime l’enlèvement ou la disparition d’objets militaires devenus sa propriété par droit de conquête, disait-il, et dans une ville qui pouvait être traitée comme prise d’assaut , parce que la capitulation n’avait rien stipulé en notre faveur ? (Les Prussiens nous l’ont assez souvent répété et fait sentir durant la guerre!)

Enfin, pour détacher l’aigle, le Maire fis usage d’un canif ou petit couteau dont les entailles impuissantes prolongèrent l’opération pendant un temps qui lui sembla bien long. Il en vint à bout. Et, après une heure de fièvre et d’angoisses, il put emporter l’aigle dans un morceau de tapisserie et redescendre au secrétariat, au milieu des réquisitionnaires allemands; nul, heureusement, ne songea à lui demander quel était le précieux petit fardeau qu’il tenait à la main. Rentré dans son cabinet, il donna pour nouvelle enveloppe à l’aigle son portefeuille d’avocat, bourré de papiers municipaux.

Aussitôt libre, il emporta le tout chez lui ; et il se souvient que, durant le trajet de la mairie à la rue du Ménil, il lui semblait que chaque Prussien rencontré devait deviner ce qu’il emportait avec lui !

Quelle satisfaction lorsque, le soir, son fils et lui purent séparer les franges d’avec le drapeau et sa cravate, déchirer la soie en morceaux, brûler tous ceux qui portaient trace d’une inscription, sauf le mot SEDAN, enlever les fragments de bois encore adhérents à l’aigle, et enfermer ces précieux débris dans la cachette d’où ils ne sont sortis que pour empêcher, sur cette destruction et sur ce sauvetage, une fausse légende.

Il s’en est fait tant d’autres sur des drapeaux que je connais !

Tel est, mes chers Amis, un de mes souvenirs du 6 septembre 1870. Et comme il concerne un de vos vieux camarades et son fils, M. Th. Louïse avait pensé que ce récit pourrait vous intéresser.

Il ne s’était pas trompé : je m’en aperçois à l’affectueuse attention que vous venez de me prêter et dont votre Président d’honneur vous remercie cordialement.

A. PHILIPPOTEAUX.

Ces paroles furent suivies d’applaudissements unanimes. Le Président proposa un toast à la santé de l’ancien Maire de 1870. Et tous les convives, se levant avec leurs verres, vinrent défiler devant M. A. Philippoteaux et lui serrer la main.

NOTA. – La publication faite en 1889, par notre ami Hupin, de documents officiels, que j’ignorais, et le commencement d’une fausse légende m’ont décidé à rétablir la vérité.

Le 22 mai 1873, le Capitaine des Pompiers avait écrit au Maire qui venait d’être nommé à ma place, le 26 mars 1873 :

« Notre Drapeau A ÉTÉ BRÛLÉ pour ne pas servir à orner les musées de Berlin. Si l’Etat nous en rend un, ce sera pour nous une marque de satisfaction, etc., etc.

Signé: L. PIERRE. »

Et le Maire de Sedan répondait au capitaine Pierre, à la date du 1er juillet 1873 :

« MONSIEUR LE CAPITAINE,

Votre Compagnie, si admirable de dévouement au moment de la guerre, et qui, mêlée à nos soldats, a essuyé bravement le feu de l’ennemi, n’a pas voulu que son Drapeau tombât entre les mains de l’avide vainqueur.

Elle l’a brûlé! Je l’en félicite.

CET ACTE DE PATRIOTISME, accompli dans des circonstances si douloureuses devait avoir sa récompense.

Sur ma demande et avec le Concours de M. le Préfet, M. le Président de la République (le Maréchal de Mac-Mahon) a décidé qu’un nouveau Drapeau était à la disposition de l’Administration Municipale pour vous être remis.

Vous apprécierez comme moi, Monsieur le Capitaine, cette faveur exceptionnelle ; car vous n’ignorez pas que, suivant la loi du 6 octobre 1851, les corps de Sapeurs-Pompiers constitués à l’état de bataillon ont SEULS droit à un Drapeau.

Je suis heureux de vous transmettre cette bonne nouvelle, et je suis sûr que, comme moi, vous l’accueillerez avec le même sentiment de satisfaction et de reconnaissance.

Agréez, etc.

Signé : Edm. GOLLNISCH. »

On sait maintenant comment et par qui le Drapeau de 1870 a été en partie brûlé et sauvé. Et ses débris, pieusement conservés, pourront orner un jour, non pas un des musées de Berlin mais notre Musée ou notre Collège de Sedan.

A. PHILIPPOTEAUX.

Sedan, 19 Octobre 1800.

 

NOTA. – Le Drapeau des Pompiers, en 1870, était celui qui avait été remis à la garde nationale de Sedan en 1852. Lorsque toutes les autres Compagnies furent licenciées, en 1857 , la Compagnie des Sapeurs-Pompiers fut autorisée à conserver le Drapeau, qu’elle était justement fière de porter dans toutes les occasions solennelles, dans ses revues, prises d’armes, etc.


Notes relatives au Drapeau des sapeurs-pompiers de Sedan, relevés dans les cahiers de guerre de Madame Paul DEVIN.

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Le 3 octobre 1914 :

Quand j’ai rangé les papiers et livrés des pompiers, il m’en manquait. J’ai été chez Mr Jacquemin demander s’il les avait. Il est venu à 4 heures, sa femme me l’a envoyé. Dans l’intervalle, j’avais été à la mairie pour avoir enfin des nouvelles du drapeau des Pompiers. Mr Antoine ignorait ce qu’il était devenu, j’espérais donc qu’un pompier l’avait sauvé. Tout le temps que j’y allais, j’entendais à l’oreille :

« Tu n’as qu’à retourner à la Villa Marie France, le drapeau est en Allemagne, ils l’ont pris, c’est la triste vérité. »

J’y suis pourtant allée. Jacquemin m’a dit que le 27, Darbour était allé pour le déclouer et l’emporter et que Mr Grandpierre a positivement refusé. Alors Darbour et Nouviaire ont roulé le drapeau dans son étui et l’ont caché sous les habits des pompiers absents, dans le grenier, et ont mis une double porte. Jacquemin ira voir demain matin s’il y est encore, en couvreur, il ira faire une réparation.

Je prie bien pour qu’il soit protégé, que nul mal ne lui arrive et qu’il soit récompensé de sa peine.

Jacquemin m’a dit qu’aucun papier n’est à la remise à pompes de la Meuse, tout ce qui pouvait y avoir est chez Nouviaire (…)

 Le 4 octobre 1914 :

Ce matin, j’ai eu la visite des deux pompiers Nouviaire et Darbour, et, sans qu’ils se soient donnés rendez-vous, Jacquemin, le lieutenant, est arrivé aussitôt les deux premiers.

Jacquemin arrivait de la mairie où il avait été pour réparer une descente d’eau, avait-il dit. Il avait trouvé l’étui vide du drapeau neuf. Le concierge lui a dit que les Allemands l’avaient emporté il y a 15 jours, que l’adjoint Grandpierre le savait, et que le pompier Darbour avait emporté le vieux.

Darbour m’arrivait effectivement, avec le précieux trophée, déjà échappé aux Allemands en 1870, et pour la seconde fois préservé miraculeusement. Par une négligence, qu’on ne peut cependant que dire heureuse, ce vieux Drapeau qui devait être mis au musée, après la remise du nouveau, il y a quelques mois, était resté dans le bureau du maire, où il était bien déployé. Les Allemands ne l’ont pas même vu, quoiqu’il fut bien visible. Darbour l’a décloué, plié, et simplement mis dans la poche intérieure gauche de son veston. C’est ainsi qu’il me l’a apporté. Je suis heureuse de posséder l’ancien, le plus glorieux, le plus précieux. J’aspire au jour où il sera à nouveau déployé, devant nos chers pompiers de Sedan. Pourvu que les rangs soient encore serrés !… la guerre est si cruelle !

La beauté de ceci, c’est la rencontre de ces trois hommes, dans la petite salle à manger de la Villa Marie France, leur simplicité, leur dévouement naturel. Dans l’amour de la Patrie, une des plus nobles formes de l’ amour, un même sentiment, un même courant émue a fait vibrer nos cœurs, silencieusement, quand Darbour m’a déployé la vieille soie aux trois couleurs.

Je l’ai montée dans ma chambre.

 Le 15 novembre 1918

Nouviaire m’a apporté la hampe de l’ancien Drapeau de l’Harmonie des Sapeurs-Pompiers pour remplacer la hampe de l’ancien Drapeau de la Compagnie qui a dû être perdue à la mairie. Le vieux drapeau de l’Harmonie doit être en effet allé au musée où il doit être mis sous globe. Nouviaire m’a demandé s’il fallait porter le Drapeau à la mairie.

« Non ai-je vivement répondu. Le Drapeau doit rester chez le Commandant, là où il est demeuré jusqu’ici. Le jour où il devra sortir, c’est avec les honneurs qu’on l’y viendra chercher. »

J’ai fait frotter l’extrémité argentée de la hampe et j’ai remonté dans ma chambre la vieille relique, hampée cette fois. Je vais tâcher de consolider la vieille soie vétuste.

 Le vieux Drapeau des Sapeurs-Pompiers a quitté la Villa Marie France, avec une garde d’honneur, le 14 juillet 1919, pour la 1ere revue d’Arme.

 


Poème du lieutenant Guy GOFFETTE,  sapeurs-pompiers de Sedan.

Drapeau,

Comme il est beau
Notre drapeau
Ses trois couleurs
Sont un honneur
Pour un pompier
Toujours altier
Le porter haut
Hors du fourreau
Majestueux en fer de lance
On le vénère dans une danse
Marcher au pas
Je n’me lasse pas
Crier tout haut
Et toi là haut
Rend les honneurs
Aux trois couleurs
C’est le drapeau
Même en lambeaux
Jamais à terre il ne faudra
Et si il tombe tu seras là
Pour relever dans un effort
Celui pour qui nous sommes forts
Il est la France soyons en fier
Tomber pour lui au cimetière

Guy GOFFETTE Jules
13 mars 2008


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Discours pour le départ de Paul DEVIN des pompiers actifs

Mon Commandant

C’est avec une joie mêlée de beaucoup d’émotion que je viens m’acquitter, en qualité de doyen de la Compagnie des Sapeurs Pompiers de Sedan, de la mission qui m’a été confiée par tous nos camarades, en vous offrant en leur nom ce modeste souvenir de notre respect et de notre affection.

Pendant plus de 12 ans, mon Commandant vous êtes resté à la tête de notre belle Compagnie et nous avons pu apprécier votre dévouement et votre zèle inlassables. Quand vous nous avez quittés il y a six ans, c’était pour aller défendre la Patrie, car les Pompiers ont toujours prouvé qu’ils savaient braver tous les dangers pour remplir leur devoir.

Vous avez été de ces bons Français qui ont su se sacrifier pour la France, et qui ont donné tout d’eux-mêmes pour empêcher l’ennemi de passer. Pendant ce temps Madame Devin, digne de son époux, essayait par sa bonté dévouée, d’adoucir les souffrances et les misères de ceux d’entre nous qui étaient restés à Sedan sous le joug de l’étranger ; qu’il me soit permis ici de la remercier en notre nom à tous des secours et du réconfort qu’elle nous a donnés dans ces terribles circonstances, en nous félicitant de son courage qui nous a permis de conserver notre vieux drapeau, doublement cher maintenant à tous nos cœurs.

Aussi je ne puis, mon Commandant, que vous exprimer au nom de tous nos camarades l’admiration que nous ressentons tous pour votre héroïque conduite, et nos sentiments de respect pour le glorieux soldat à qui la République a décerné la rosette d’officier de la Légion d’Honneur, si bien méritée et dont nous sommes tous fiers ; pour notre cher Commandant que la médaille d’Honneur des Sapeurs-Pompiers et l’honorariat de son grade grandissent à nos yeux et nous attachent pour toujours.

En regrettant de ne plus vous avoir activement à la tête de notre Compagnie pour la guider et nous soutenir, nous avons le ferme espoir de voir continuer par notre nouveau Capitaine les traditions d’honneur et de courage que vous incarniez à nos yeux.

Laissez-moi vous dire une dernière fois en notre nom à tous, mon Commandant toute notre fidèle reconnaissance, et permettez-moi de vous offrir ce Poilu, qui saura vous dire mieux que nous toute notre admiration par sa devise : Verdun. On ne passe pas !!

Vive notre Commandant, vive Mme Devin.

poilu

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