Marthe DEVIN 24/26

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St-Denis d’Oléron
Le 27 mai 1918

Ma chère petite maman,

J’espère que tu vas toujours bien. Je suis très contente car papa est arrivé. La semaine d’avant, Elisabeth et moi, nous avons bien travaillé au jardin. J’ai nettoyé entièrement deux carrés de pommes de terre ; un autre d’ail, échalotes, oignons, etc. ; et enfin un où il y a des haricots, sans compter toutes les plates-bandes du jardin. C’était de l’ouvrage. Papa était très content quand il a vu notre jardin et il a dit qu’il ne l’avait jamais vu si propre. Maintenant qu’il est là je cherche aux escargots. Je suis en vacances pour mieux profiter de sa présence. J’espère que nous recevrons bientôt de tes nouvelles. Élisabeth m’a donné 6 autres carrés pour récompenser de ma sagesse. Elle y a planté des betteraves pour les lapins et m’a promis d’y mettre du muguet. J’en suis très contente. Elle m’a donné aussi une robe garnie de dentelle pour Bleuette ainsi qu’une petite charlotte. Cela m’a fait bien plaisir. J’ai passé l’examen de catéchisme et j’ai très bien sû, si bien que je ne retournerai plus au catéchisme. Au revoir ma petite maman chérie.
Je t ‘embrasse bien fort, de tout mon cœur.
Ta petite fille qui t’aime bien tendrement.

Jeanne

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Holzminden 9 juillet 1918
Mon bien cher Paul,
Après demain, départ des optants pour la France et nous, aussitôt… Cette fois c’est d’apparence sûre. Je te confie à Louise Guitet. Je serais si heureuse d’écrire encore une fois à mes enfants. Je rêve souvent de toi. J’ai ferme espoir de te revoir bientôt. Tous les antiseptiques te nuisent. Je rentre dans mes vieilles Ardennes. J’y rentre en parfaite santé. Je suis désolée de tes douleurs que Dieu ne guérit pas encore. Je le prierai tant qu’il entendra et te donnera l’intuition à toi. Beau coucher de soleil derrière le Harz : mais un soleil pâli. Je m’en vais d’ici heureuse d’être venue, heureuse de ce que j’entrevois. Je signe avec mon cœur, espérant arrivée le 25 juillet. Voilà le clairon ! Je t’embrasse, ta Marthe.

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