Paul DEVIN 24/26

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15 décembre 1914

Le lendemain mardi je félicite à l’ordre du Bataillon les 9e et 10e compagnies sur leur attitude au feu, en citant particulièrement quelques hommes ainsi que les brancardiers. L’après-midi je vais au bois de Maucourt pour visiter la 10e Cie qui a été arrosée la veille par les obus, je vois les dégâts causés dans le bois et je rapporte plusieurs fusées d’obus. Je suis pris en revenant par un violent orage, pluie, vent, grêle, tonnerre, et je rentre tremper. J’avais heureusement un couvre-képi imperméable qui me protégeait le cou et qui me servait pour la première fois.

16 décembre 1914

Mercredi le bataillon Le Villain, qui avait été fort éprouvé, quitte Bezonvaux pour aller au repos. Le lieutenant-colonel quitte également pour aller à Fleury. Le soir nous avons à dîner le Commandant Barthélémy du 165e.

17 décembre 1914

Jeudi, rien de particulier; je choisis un emplacement pour faire un abri contre le bombardement, car il faut nous attendre à recevoir souvent des obus. Je fais cueillir une touffe de gui et j’en envoie quelques bruns à st Denis.

18 décembre 1914

Vendredi je vais visiter les tranchées du plateau des Caurières avec le commandant Barthélémy. Les artilleurs installent deux pièces de marine près du village: cela va encore nous attirer des obus.

19 décembre 1914

Samedi à 5 heures je reçois l’ordre d’envoyer cantonner une compagnie à Ornes avant le lever du jour; il n’y a pas de temps à perdre car il faut charger les réserves et faire un détour. J’envoie la 10e Cie qui connaît le secteur. La pluie commence.

J’ai visité à nouveau les tranchées du plateau avec les capitaines des 11e et 12e Cies qui reviennent à Bezonvaux et auxquels j’indique leur secteur en cas d’attaque.

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Télégramme du 19 décembre 2014 à 13h25 :

Général à tous les postes

L’avion de chasse dont dispose l’armée exécutera cet après-midi entre 14 et 15 heures un vol à faible altitude au dessus des abords de la place en vue de se faire reconnaitre pour éviter toute méprise ultérieure. Les Commandants d’unités et particulièrement les Commandants de station spéciale devront l’examiner avec la plus grande attention.

20 décembre 1914

Dimanche 20 il y a une attaque générale sur tout le front des armées. Nous sommes en alerte, prêts à monter occuper les tranchées du plateau des Caurières. Dans l’après-midi on me téléphone du bois de Maucourt que le Lieutenant Dargent vient d’être grièvement blessé par trois balles de shrapnell, dont une à l’abdomen. J’envoie notre voiture d’ambulance pour le ramener à Bezonvaux et je fais demander à Verdun une voiture automobile. Lorsqu’il arrive j’assiste à son pansement; le docteur a peu d’espoir et nous en sommes tous attristés.

21 décembre 1914

Lundi j’apprends que le Lieutenant Dargent est mort pendant la nuit des suites de ses blessures. C’était le gendre de Mr Rome, ancien avoué à Reims; il laisse une veuve et six enfants. Le soir deux hommes sont blessés au bois de Maucourt par des éclats d’obus.

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