Paul DEVIN 19/26

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15 novembre 1914

Dimanche 15 novembre, nous avons du mauvais temps, de la neige, de la pluie, du vent, après une petite gelée : cela va nous amener beaucoup de malades. Un détachement du 44e arrive à Bezonvaux. Il y a le soir une attaque allemande au bois de Maucourt, qui nous donne 7 morts et 15 blessés. Les morts sont déposés dans l’église en attendant qu’on les enterre, il y en a un qui a été coupé en deux par un obus.

16 novembre 1914

Nous avons eu une tempête pendant une partie de la nuit de dimanche à lundi et la 12e Cie n’a pu aller au travail. J’ai fait la visite du plateau et des ouvrages de une heure à cinq heures et demie avec de la boue jusqu’à la cheville.

17 novembre 1914

Mardi nous avons un beau soleil pendant la matinée.

Je vais à Ornes visiter mes deux compagnies. Le Capitaine Herlem est installé à la salle d’école, ce qui est parfait pour son bureau ; il trouve même des fournitures. Il a remis le tout en ordre. Il occupe la chambre de l’institutrice, chambre coquette, et il m’offre de m’envoyer des draps pour mon lit, ce que j’accepte avec plaisir, car je n’en ai pas encore. Les accès du village du côté de l’ennemi sont barricadés, de même qu’à Bezonvaux. Je visite les cantonnements des compagnies, qui sont mieux qu’à Bezonvaux, mais elles sont plus exposées.

18 novembre 1914

Mercredi nous avons de la gelée. Je vais sur le plateau avec mes capitaines, afin de délimiter le secteur de chacun et de leur donner sur place mes instructions pour le cas où une attaque nous forcerait à occuper ces positions.

Le Lieutenant Hécart qui avait demandé à passer dans un régiment de réserve est nommé au 351e et nous quitte pour aller à Samogneux.

19 novembre 1914

Jeudi nous avons des difficultés pour les travailleurs de nuit que le gouverneur trouve insuffisant comme nombre. Il a gelé fortement et je passe la matinée dans ma chambre à un travail de bureau. J’ai un bon feu de bois dans ma cheminée.

L’après-midi je retourne à Ornes, où je vois des maisons qui ont été pillées. Je vais avec le Capitaine Herlem visiter la maison du docteur, qui a été incendiée; c’était une belle maison. Nous nous promenons dans le jardin où je cueille une dernière rose de Bengale et nous sortons par le verger qui se trouve derrière; des obus sont tombés dans le jardin.

20 novembre 1914

Vendredi nous avons encore une forte gelée et du beau temps. Je m’occupe le matin à mon bureau et je vais à celui du Colonel qui est installé dans une grande maison, baptisée château, mais bien délabrée.

Je suis monté l’après-midi au plateau des Caurières, qui a reçu des obus, blessant deux hommes. Je suis descendu à Ornes par le bois le Chaume et revenu par la route, où il ne passe personne, car on y est parfaitement vu des jumelles d’Ornes.

21 novembre 1914

Samedi il a encore gelé fortement. Je suis monté l’après-midi au plateau des Caurières et de là à la ferme des Chambrettes. Il fait un froid vif, une forte bise, mais c’est une belle promenade, en revenant par les bois.

Je reçois de Paris une paire de fortes chaussures et une paire de gants de laine, car il faut s’armer pour l’hiver.

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