Paul DEVIN 17/26

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1er novembre 1914

Dimanche 1er novembre il y a messe à 10 heures. Je suis invité à déjeuner par le Colonel Streicher qui est un vrai militaire et paraît m’apprécier car je me débrouille très bien avec mon Bataillon et tout marche sans à-coups.

J’apprends que le lendemain je dois partir avec le Bataillon pour Souville. A midi et demie je monte à cheval pour me rendre au fort de Souville afin de reconnaître l’emplacement que doit occuper le Bataillon et je rentre à cinq heures et demie.

2 novembre 1914

Lundi à midi a lieu le départ du Bataillon pour aller à Souville occuper les baraquements. Nous passons par Watrouville, Chatillon, Moulainville, Eix, devant le fort de Tavannes et nous arrivons aux baraquements qui sont assez bien. Avant de rompre les rangs je réunis le Bataillon en colonne double pour adresser quelques mots aux hommes, car je n’aurai plus l’occasion de les avoir ainsi tous sous la main.

Notre installation pour les repas est bien sommaire. J’ai une chambre de sous-officier et je couche dans un sac à avoine, faute de draps.

3 novembre 1914

Mardi j’ai passé la journée au quartier et je suis allé voir le Général Mourret au fort de Souville. Au lieu d’être au repos les hommes partent le matin à 6 h pour les travaux et rentrent tard le soir. J’apprends que notre séjour à Souville ne sera pas de longue durée et que le dimanche suivant nous irons relever un autre bataillon au plateau des Caurières.

4 novembre 1914

Mercredi je pars à midi pour me rendre à la cote 378 pour voir le Commandant Riquier, du 44e, que je dois relever. Pour m’y rendre je passe par Fleury, Douaumont, et de là à travers champs. La situation est peu engageante. Les hommes à la réserve sont logés sous la petite tente sur le plateau de la cote 378, exposé à tous les vents ; les officiers ont de petites huttes en terre ; une compagnie occupera la ferme des Chambrettes et sera tout entière dans un grenier à fourrage, car il y a déjà d’autres troupes. Enfin les deux autres compagnies seront en grand’garde, dans les bois, et les hommes seront occupés au travail de nuit sur le plateau. Je rentre à Souville à 18h15.

5 novembre 1914

Jeudi je vais visiter mes travailleurs au fort de Vaux, d’où j’ai une vue superbe, et je descends à la ferme Discours. J’ai fait cette promenade à pied. Je fais venir de Verdun un sac de couchage et la plupart des officiers font de même; nous prenons nos précautions pour la mauvaise saison, car nous n’aurons pas toujours des maisons pour nous abriter.

6 novembre 1914

Vendredi je circule dans les environs pour voir les travailleurs.

7 novembre 1914

Samedi je vois le Lieutenant-Colonel Cordonnier commandant le 365e; il m’annonce que mon Bataillon est rattaché à son régiment, mais je continue à m’administrer moi-même et reste indépendant pour les approvisionnements. Je reçois en même temps l’ordre de partir dans la nuit pour le plateau des Caurières.

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Télégraphe du 9 novembre 1914 :

Colonel Cordonnier à Commandant Devin 46e Territorial Cote 378

Faites compléter à 200 (Deux cents) l’approvisionnement en cartouches de vos hommes (Cartouchières) et faites le plus tôt possible établir des abris dans les tranchées ou à proximité pour y déposer 220 cartouches par homme (note de service du général 1er secteur en date du 7 Novembre).

Je n’ai pas encore vu votre agent de liaison

Signé Cordonnier

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