Paul DEVIN 16/26

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25 octobre 1914

Dimanche 25 je pars à 16 heures pour Braquis avec deux compagnies, les 9e et 10e et nous cheminons à travers bois, parfois par des sentiers où il faut marcher en file indienne. Nous arrivons à Braquis à 18 heures 45.

Je trouve là-bas le 330e que j’avais déjà vu à Haudainville et au bois du Tremblais et je rends visite au Colonel. Mes deux compagnies s’installent dans les cantonnements qui leurs sont réservés; je suis logé chez le garde-champêtre, et comme je ne suis venu que pour deux jours, j’ai laissé mes cantines à Ronvaux. Nous dînons à 21 heures, dans une maison abandonnée par ses habitants et dont le plancher est à moitié défoncé; nous le consolidons avec un volet. C’est une installation sommaire; les trois officiers de la 9e Cie sont couchés dans la même chambre.

J’étais couché sur deux lits de plumes et je n’ai pas pu dormir.

26 octobre 1914

Lundi matin j’ai fait la visite des tranchées établies autour du village où il y a quatre tuileries. Après-midi je vais à cheval faire la visite des avant-postes dans les bois d’Herméville, d’Autrey et de Braquis. Je vais également à St Maurice où se trouve un château incendié. Je trouve une compagnie du 330e qui occupe les bâtiments de culture. Un piano se trouve dans une allée du parc, il n’a plus de cordes. Les allemands sont à Warcq, en face de nous et leurs tranchées sont à un kilomètre. J’ai beau regarder avec ma jumelle, je ne vois rien dans le pays, toutes les portes et les fenêtres sont ouvertes, c’est impressionnant de ne voir personne alors qu’on sait que c’est occupé. Les ennemis se cachent mieux que nous; lorsque je sortirai à cheval ils pourront de loin me voir sur la route.

27 octobre 1914

Mardi les deux compagnies partent à 5 h pour prendre les grand’gardes dans les bois que j’ai parcourus la veille. Je suis sorti à cheval le matin pour visiter tous les postes de la 9e Cie. L’après-midi je suis parti également à cheval pour visiter les grand’gardes et petits postes de la 10e compagnie.

Dans l’après-midi nous entendons une canonnade très rapprochée.

28 octobre 1914

Mercredi matin, je parcours à nouveau à cheval les avant-postes; je ramasse un obus allemand de 77 qui a une belle couleur bleue et je le fais mettre dans les fontes de la selle, cela fera un vase à fleurs. Je quitte Braquis à 3 h pour rentrer à Ronvaux où ma présence est nécessaire. Nous avons des chemins détestables dans les bois, les chevaux enfoncent dans la boue et sont très fatigués.

29 octobre 1914

Jeudi j’apprends que deux hommes de la 10e Cie sont cités à l’ordre de la brigade pour avoir été en avant de nos lignes chercher les armes et les vêtements qu’un prisonnier allemand fait la veille avait jetés. Les compagnies restées à Ronvaux sont occupées à entretenir le chemin de Ronvaux à Braquis. Le soir les 9e et 10e Cies rentrent des avant-postes et les 11e et 12 e partent pour Braquis.

30 octobre 1914

Vendredi je passe la matinée au bois de Ronvaux pour faire faire un chemin parallèle à la tranchée qui est un vrai marécage; il faut abattre tous les bois sur une largeur suffisante pour le passage de deux convois.

Après le déjeuner j’ai refait mes cantines et je suis retourné au bois.

31 octobre 1914

Samedi continuation des mêmes travaux que j’ai visités le matin et l’après-midi. Je suis monté aux Elusses pour voir la Woëvre par un temps assez clair. Les pièces de marine ont tiré.

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