Marthe DEVIN 3/26

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18 avril 1915 :

Arrêté de la Commandature, par ordre venu de « haut lieu », de faire évacuer de Sedan 1800 personnes, prises dans toutes les classes de la société.

16 mai 1915 :

(…) à propos de chiens, les gendarmes allemands en ont tué 7 aujourd’hui. – Pourtant muselés – Ces uhlans, à cheval, ont de longs bâtons terminés par un lasso. Ils le lancent. Cela s’enroule, ils tordent, le chien est étranglé et ils l’entraînent derrière eux …

19 mai 1915 :

(…) on est venu de la mairie, me prévenir que les allemands formaient un train vendredi, pour les femmes d’officiers français qui désirent rejoindre la France. (…) J’ai chaleureusement remercié mais, à tous les titres je reste… Je fais mon devoir.

28 mai 1915 :

Un général allemand a bien dit à Mme Pajot que l’ordre de détruire Sedan avait été formellement donné, mais que la conduite des femmes de Sedan, pour soigner les blessés allemands, avait sauvé la ville. Les Dames Françaises ont été inspirées pour cette bonne action.

2 juin 1915 :

On a amené de Stenay un homme devenu fou d’avoir entendu les cris des combattants, se battant en corps à corps ! …

22 juin 1915 :

La commandature affiche la réquisition des cerises. Elles seront cueillies sous surveillance des soldats allemands (…) il paraît que la même loi réglementera les autres fruits.

5 juillet 1915 :

(…) je suis entrée à la crèche où la bonne Mme Desplanques m’a causé de toi, mon Paul. J’y ai vu un beau bébé, dormant dans son berceau. Sa mère l’a amené de Longuyon, où il est né au moment de la prise de cette ville. La sage femme qui venait pour l’accoucher est sortie chercher un seau d’eau et à ce moment fut fusillée. Ce fut un médecin allemand qui l’accoucha. Presque après sa maison était en flammes. Elle s’enfuit avec d’autres personnes, par un soupirail de cave, et toutes elles marchèrent, pendant 8 jours. On lui refusa du lait pour son enfant dans des fermes … Et malgré tout, la mère ne se ressentit de rien, et l’enfant est superbe.

1er août 1915 :

Hier, fermeture des cours du collège de Jeunes filles jusqu’au 1er octobre. Elles m’ont offert des fleurs. Il y avait des statycés. Quand je les ai vues, en mettant le bouquet dans l’eau, j’ai eu de l’émotion car ces fleurs, ces « bruyères de l’Ile d’Oléron » comme je les appelais, tu m’en cueillais, là-bas, et en cette saison, les marais salants sont tout bleus …

3 septembre 1915 :

(…) nous avons vu une affiche placardée en ville. « On porte à la connaissance du public qu’un avion français a déposé à Aubigny deux espions le 22 août, qu’ils ont été pris, jugés et exécutés le 31 août. »

24 septembre 1915 :

On perquisitionne dans les caves pour les pommes de terre. On n’a pas le droit d’en avoir, paraît-il, sans les acheter aux allemands. C’est à dire, racheter ce qui est saisi et qu’on a cultivé soi-même.

4 décembre 1915 :

J’ai résolu d’envoyer cette année, comme l’année dernière, du vin à chaque famille de pompier pour Ste Barbe.

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