Marthe DEVIN 2/26

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3 octobre 1914 :

(…) j’ai été à la mairie pour avoir enfin des nouvelles du drapeau des Pompiers. Mr Antoine ignorait ce qu’il était devenu.

N.D.L.R. : Le 12 novembre je mettrai en ligne quelques extraits sur le drapeau de Pompier de Sedan dans une page dédiée.

6 octobre 1914 :

On affiche en ville la défense de sortir de la ville toute espèce de draps ou lainages, l’autorité allemande ayant tout réquisitionné. Cette affiche fait suite à celle d’hier, qui réquisitionne les conserves.

21 octobre 1914 :

Ma maison est définitivement désaffectée. Je ne recevrai plus de blessés allemands. On évacue les blessés, on n’en veut pas laisser à Sedan.

(…) mon ambulance étant désaffectée, ma maison libre et démeublée, je mettais volontiers les 2 grandes salles et la salle d’opération à la disposition de Mr le Principal.

On ouvrira les classes du Collège de garçons à la Villa Marie-France le lundi 26 octobre.

3 novembre 1914 :

Un aéroplane français a atterri à Dancourt à la suite d’une panne en manque d’essence. Il y avait deux aéroplanes, l’autre est reparti sain et sauf. Les deux aviateurs sont peu blessés, un peu au genou croit-on. Place du Château ils étaient presque au raz des maisons. Ils avaient eu le temps de lâcher leurs pigeons, on les a bien vus s’envoler. Ils sont à Sedan, prisonniers. Ils ont dit que ce qu’ils avaient à faire était fait et que leur mission était remplie.

9 novembre 1914 :

J’ai déjeuné aujourd’hui chez Mme Brégny, avec son mari et Mm Gollmïsch , de Wadelincourt, et Tellier. Naturellement, on a beaucoup parlé de la bataille, de l’ambulance de Mme Gollmïsch, des allemands, des Bretons qui ont succombé à Noyer, des fusillés civils, des procédés allemands qui falsifient le nombre des morts en mettant 20 tués sur les croix qu’ils placent sur leurs fosses de 40, et 50, et 60 hommes. En échange, ils mettent des croix sur des fosses où sont enterrés des bestiaux et inscrivent 40 ou 50 tués français.

26 décembre 1914 :

Noël hier …

A 9h, sensation pénible en entendant nos cloches de Sedan, muettes depuis le 25 août, fêter par ordre allemand, la naissance de Jésus. Il n’est sorti qu’un glas étrangement funèbre du clocher de St-Charles.

3 janvier 1915 :

La dernière affiche placardée en ville portait, « sous les peines habituelles » et la responsabilité des otages et autorités que pas un seul pigeon ne devait être trouvé à Sedan le 1er janvier.

Fin janvier 1915 :

(…) je viens d’apprendre que tous les propriétaires de poules sont obligés de les porter aux hôpitaux.

6 février 1915 :

Je viens d’écrire à la Commandature pour obtenir deux chevaux, au service de nos commissaires de Fond de Givonne et Torcy, pour labourer les jardins Ouvriers dont les hommes sont absents.

20 février 1915 :

(…) toutes les femmes résidant à Sedan étaient autorisées à partir, en payant leur place (…) … mais je reste au poste.

8 mars 1915 :

Les Sedanais sont affolés et aigris par la crainte de la famine. Les Allemands nous menacent quotidiennement de nous réduire à manger des betteraves.

16 mars 1915 :

L’événement public de cette semaine, c’est la carte rouge de boulangerie. Chaque Sedanais a droit à 250 gr de pain par jour. (…) je suis chez Mr Pirsche (…)

Début avril 1915 :

Le curé de Bazeille est en cellule, à Macdonald, sur une dénonciation.

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