Paul DEVIN, entre janvier 1915 et 1918

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Voici quelques extraits de lettres et notes pendant la période 1915-1918 de Paul DEVIN :

Le 17 janvier 1915, Paul DEVIN :

Le cousin Louis de Menciere m’envoie une carte de félicitations pour « l’Étoile des braves »; il est médecin chef de l’hôpital militaire 34 à Compiègne. Il a mis sa femme à l’abri à Saint-Genis de Saintonge en Charente inférieure.

 Le gouverneur de Verdun est venu tout à l’heure avec un officier me remettre la Croix de la Légion d’honneur.

L’ordre du général Joffre du 8 janvier porte :

Monsieur Devin chef de bataillon au 46e régiment territorial d’infanterie a été nommé dans l’ordre de la Légion d’honneur au grade de chevalier. A su par son exemple de sa valeur personnelle donner à son bataillon les plus belles qualités militaires. A été gravement blessé le 22 décembre au cours d’une reconnaissance, a été amputé.

 Le 21 janvier 1915, Paul DEVIN :

Je reçois une lettre de lieutenant H. de Tassigny (un frère de Pol de Tassigny) me félicitant pour ma croix.

 Le 23 janvier 1915, Paul DEVIN :

Le Vaguemestre me remet une lettre du lieutenant-colonel Dumas, commandant le 46e régiment territorial (il est à Épernay avec le premier bataillon, le deuxième se trouvant à Troyes). Il me dit « Je me trouve dans une situation bizarre, ayant les trois bataillons du régiment dans trois armées différentes. Ne pouvant me désintéresser d’aucuns de mes officiers, vous seul pouvait me renseigner sur ceux du troisième bataillon qui mérite, à votre avis, d’être proposé à l’avancement. » Je vais lui répondre que le colonel Cordonnier du 365e auquel est rattacher actuellement le troisième bataillon, s’occupe de nos officiers.

 Le 16 février 1915, Paul DEVIN :

J’ai le laisser passer du général, gouverneur de Verdun, pour rallier Paris. Je suis transféré à l’hôpital Buffon. Ma nièce Marie, infirmière, m’accompagne.

 Le 10 avril 1915, Paul DEVIN :

Mon adjudant de bataillon Hubert me donne de mauvaises nouvelles. Le commandant Liaugery qui m’a remplacé à une mauvaise grippe et ne va pas bien. Le bataillon devient « squelettiques », nous avons des évacuations tous les jours. L’effectif est descendu à 795 hommes et le reste du bataillon ne tient plus, car depuis cinq mois que nous sommes aux avant-postes, sans repos, cela devient dur vu l’âge des hommes, car nous travaillons encore la nuit.

 Le 25 mai 1915, Paul DEVIN :

Le médecin chef vient de me faire un bon permanent afin que je puisse sortir de 15 heures à 20h30 ; c’est plus facile pour aller faire des essayages de mon appareil.

 Le 7 juin 1915, Paul DEVIN :

Je vais avoir une permission de repos, je compte arriver enfin à Saint-Denis d’Oléron la semaine prochaine. Ma nièce Marie m’accompagnera, le voyage sera moins problématique pour moi.

 Le 9 juin 1915, Paul DEVIN :

Une lettre, aujourd’hui, du lieutenant Gouffier de la neuvième compagnie. Parmi les nouvelles du bataillon, le capitaine Valette de la 12e, malade, a été évacué ; le lieutenant H. de Tassigny promu capitaine le remplace. Je suis heureux pour lui, car j’avais demandé sa promotion.

 Le 23 juillet 1915, Paul DEVIN :

J’apprends que notre cousin Eugène est décédé le 19 juillet sur l’Ypres, il était dans l’armée belge.

 Le 23 novembre 1915, Paul DEVIN :

Je suis arrivé à Saint Denis « en repos » le 16 juin. Marie est restée une semaine avant de rejoindre son poste. Le 16 octobre je quittais l’île d’Oléron.

 Le 3 décembre 1915, Paul DEVIN :

J’ai une lettre d’un ami du ministère :

« Mon cher commandant, je reçois une lettre de Pierre Loti qui va recommander votre candidature aux commandant Gruss, gendre du ministre de la guerre. Il n’est pas douteux que le commandant Gruss insistera particulièrement en votre faveur auprès du colonel directeur de l’infanterie déjà bien disposée pour vous. J’ai donc excellent espoir que vous serez nommé au conseil de guerre ou au service du contentieux. »

20 décembre 1915 :

Mon cher Commandant,

Loti m’écrit que votre affaire est entre les mains du Commandant Gruss et qu’il a écrit lui même à Gallieni (…)

 Mi janvier 1916, Paul DEVIN :

Je suis au repos au 132e régiment d’infanterie à Chatelaudren de Logorenne (cote du nord). Le régiment sert de dépôt au 46e territorial.

26 janvier 1916 :

(…) j’ai sous les yeux la copie d’une lettre du Général Gallieni à Loti, daté du 17 janvier, disant ceci « Je fais convoquer le Commandant DEVIN pour voir comment nous pourrions l’utiliser ».

 21 février 1916, Paul DEVIN :

Je suis désigné pour être détaché au ministère de la guerre, direction du contentieux et de la justice militaire (service des pensions). Je dois rejoindre mon poste le plus rapidement possible.

 23 février 1916, Paul DEVIN :

Ayant rallié Paris hier, je loge chez ma sœur Claire. Ce matin j’ai pris mon service ; les bureaux se trouvent dans une annexe du ministère, rue de Bellechasse, à moins de 300 m.

 8 avril 1916, Paul DEVIN :

Une lettre touchante du capitaine H. de Tassigny, il me dit :

« Quant à la situation de ma compagnie, je vous dirais que les hommes ont le sentiment que s’ils ont été à la peine, ils sont à l’honneur dans la période de tension que nous traversons. Leur attitude est celle de bons soldats, qu’ils ont toujours été. Les autres compagnies ont le même moral ; vous pouvez toujours être fier de votre bataillon. »

 9 août 1916, Paul DEVIN :

Le capitaine Valette m’écrit il a été muté à Cherbourg pour commander une « compagnie de port ». Le troisième bataillon, très diminué, a été dissous ! Il n’a aucune nouvelle des premiers et deuxièmes bataillons.

 8 novembre 1916, Paul DEVIN :

Je viens d’être nommé par arrêté du 7 novembre du ministre de l’intérieur, membre de la commission supérieure chargée de statuer sur les recours formés contre les décisions des commissions départementales (comme délégué du ministère de la guerre).

 17 juin 1918, Paul DEVIN :

Je viens de recevoir une lettre du cousin Émile Pirsche, il a été blessé et vient d’être acté à la division.

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Saint-Denis d’ Oléron

le 24 janvier 1915

Mon cher petit papa.

Je suis très fière que tu sois décoré de la croix de la légion d’honneur. Tu l’a bien méritée, tu seras bientôt guéri, n’est-ce pas, mon petit père chéri. Je suis un petit peu enrhumée depuis 2 ou 3 jours, mais ça va beaucoup mieux. Papa, tu ne sais pas ce qu’il y a de vent à Saint-Denis. Il pleut souvent et il grêle.

Il vient de venir 2 jeunes filles avec une pelote couverte de cocardes couleur du drapeau belge, je vais t’en envoyer une dans la lettre que je t’écris.

Je t’embrasse de tout cœur.

Jeanne


19 octobre 1916

Mon cher petit papa.

Je me souviens maintenant que j’avais oublier de signer mon dessin, tu peux le signer à ma place.

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Cette nuit nous avons tous été réveillé par la sirène d’un bateau; puis un homme à passé avec une trompe pour appeler les hommes qui restaient pour mettre en marche le bateau de sauvetage, car cette sirène de bateau annonçait que ce bateau s’était égaré à Antioche par le brouillard ; il était à peu près cinq heures moins le quart quand la sirène a commencé à siffler. Puis on a entendu un coup de canon. C’était un bateau Grec qui apportait du charbon.

Je vais au catéchisme le lundi et le mercredi et j’ai déjà 3 bons points. Depuis quelques jours il fait bien vilain temps.

Je t’embrasse de tout cœur ainsi que tante Claire et cousine Marie.

Ta petite fille qui t’aime.

Jeanne

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N.D.L.R. : L’ « Aikaterinis » est un vapeur Grec, construit en 1891en Écosse à Campbeltown, qui a fait naufrage le 19 octobre 1916 sur le rocher d’Antioche. Les 13 hommes d’équipage ont été secourus par le canot de sauvetage Louise-et-Amélie de Saint-Denis d’Oléron. (source)


Saint-Denis d’Oléron

le 13 novembre 1918

Mon cher petit papa.

La guerre est enfin terminée! Avant hier monsieur Guitet nous a annoncé la nouvelle. D’abord, nous ne le croyons pas. Mais quand les cloches ont sonnée, nous avons sorti notre drapeau, les autres aussi. Quatre ans et demi, c’est long, surtout sans maman. Aussi je serai bien contente de la revoir. Je reviens du jardin et j’ai herbé un peu. C’est dans le carré du fond, à droite, où il y avait des pommes de terre c’est une vraie prairie. J’ai arraché un grand panier de bois, plein d’herbes pour les lapins et autant de mauvaises. Il y avait surtout des mercuriales.

Bleuette a encore perdu la jambe! la ficelle est cassée. Elisabeth me la raccommodera sans doute bientôt. Mes enfants, eux aussi ont mis leur drapeau. Elisabeth m’a promis que si j’étais huit jours de suite sage, elle me donnerait un bon point particulier. Si je suis encore sage une autre semaine, j’aurai encore un bon point. Elle n’en a que deux. Quand je les aurai gagnés, je les porterai à la chère sœur qui me donnera en échange une belle image. J’espère que vous allez tous bien. Je te quitte mon cher petit papa car quatre heures viennent de sonner.

Je t’embrasse de tout mon cœur ainsi que tante Claire et cousine Marie.

Ta petite fille qui t’aime.

Jeanne

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