Paul DEVIN 9/26

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6 septembre 1914

Le dimanche 6 nous entendons une violente canonnade toute la journée sur un front très étendu. On annonce le soir qu’un corps d’armée allemand a été battu; attendons la confirmation. J’assiste le matin à la grand’messe : Mr le curé prêche et parle bien.

7 septembre 1914

Le lundi, continuation de la bataille. Le canon tonne sans interruption depuis 4 h du matin. J’envoie deux compagnies travailler au bois du Tremblais, qui se trouve en avant du fort d’Haudainville, de l’autre côté du ravin. Pas de nouvelles le soir, nous ne savons rien de ce qui se passe. J’ai fait venir deux gilets Jaeger à manches pour l’hiver.

8 septembre 1914

Mardi : le canon a tonné pendant la nuit et continue pendant la journée. Une action générale est engagée, paraît-il, sur la ligne passant par Nauteuil, Meaux, Sézanne, Vitry, jusque Verdun. A 2 heures du matin des gendarmes viennent me réveiller pour annoncer l’arrivée d’une importante cavalerie ennemie avec de l’artillerie dans la Woëvre. Je détermine au matin des emplacements mitrailleuses dans le secteur que je parcours à cet effet.

9 septembre 1914

Mercredi nous entendons une violente canonnade au sud de Verdun, sans doute sur Troyon. Vers 18 h, on tire d’Haudainville 107 coups de canon sur les bois entre Rupt et Mouilly. Le soir, à 20h30, j’envoie deux sections de la 9e Cie à Dieue et Sommedieue pour protéger des convois automobiles. Elles rentrent le lendemain matin à 3h30.

10 septembre 1914

Jeudi, rien de particulier. Le canon tonne tous les jours et le fort de Génicourt, à 6 ou 7 km du fort d’Haudainville, est fortement attaqué. Nous changeons de local pour la popote: le nôtre était vraiment malpropre. Nous avons maintenant une salle à manger dans la maison où loge le docteur.

11 septembre 1914

Vendredi, temps pluvieux et refroidi. Les allemands ont établi des batteries et des obusiers autour de Verdun. Deux bataillons du 166 e sont venus camper dans les bois en avant de nos tranchées ; auparavant nous étions en 1ere ligne.

12 septembre 1914

Samedi, même temps à averses ; nous avons une tempête le soir et pendant la nuit. A 9 h du soir arrivent des cuirassiers, un régiment et demi : les chevaux sont fatigués.

(N.D.L.R. : Entre le 6 et le 11 septembre 1914 il y a eu de nombreux affrontements (bataille de la Marne). Le village de Sermaize a été rasé.

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