Paul DEVIN 8/26

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30 août 1914

Je pars avec le Bataillon à minuit et demie pour les Réunis où j’arrive à 1h55. On forme les faisceaux et nous couchons sur le terrain jusqu’au jour. Il ne fait pas chaud et le matin je suis content de prendre un peu de café chaud avec les officiers de la 10e Cie qui m’offrent de partager leur déjeuner, ce que j’accepte volontiers. Nous nous rendons pour cela dans une baraque qui se trouve à la bifurcation des deux routes.

Les compagnies exécutent des travaux dans la journée, je circule partout, à pied et à cheval. Nos repas arrivent tard, à cause de la distance. Pour la nuit, une compagnie occupe les tranchées, une autre bivouaque sur le terrain, une troisième couche sous la tente. C’est une seconde nuit blanche.

31 août 1914

Le 31, mêmes opérations que la veille, mais comme la situation paraît devoir se prolonger, j’envoie réquisitionner de la paille à Haudainville, pour mettre dans les tentes car il n’y en a plus. Nous n’en profitons d’ailleurs pas et nous ne nous en plaignons pas, car à 14 h m’arrive l’ordre de partir pour occuper le secteur qui est affecté à chaque compagnie. La 10e est à l’abri de l’Allier, avec le secteur de la Meuse jusqu’au fort; la 12e occupe toujours le fort, qu’elle n’a pas quitté, et doit garnir les tranchées jusqu’à la voie blanche; la 11e, à l’ouvrage St Symphorien, occupe les tranchées depuis la voie blanche jusqu’à la maison forestière. Enfin la 9e est en réserve à Haudainville, où je suis content de retrouver ma chambre et mon lit.

Je reçois une lettre de Marthe, ce sera hélas la dernière. J’ai fait changer mon cheval; j’ai, paraît-il, un cheval de uhlan qui va bien.

1er septembre 1914

Le 1er septembre à une heure et demie du matin je reçois l’ordre d’envoyer une patrouille dans la Woëvre. Je choisis le Lieutenant Hécart pour cette mission, je lui donne mes instructions et il doit partir avec 10 hommes. En ce moment nous n’avons plus, paraît-il, de troupes françaises en avant de nous et nous devons nous couvrir de nuit et de jour. Cette patrouille est rentrée le soir à 19h30 sans avoir rencontré de patrouille ennemie. On entend encore une forte canonnade.

2 septembre 1914

Le 2 septembre nous avons un temps magnifique, je sors à cheval de 7h30 à 11h pour aller voir l’emplacement d’un de mes postes détachés qui se trouve de l’autre côté des bois, assez loin de nous, à la cote 377 au-dessus de Sommedieue. Il est commandé par le Caporal Regnaux, de la 10e; un excellent gradé, en qui on peut avoir confiance. Les hommes ont conscience de l’importance de leur mission. Cela me fait une promenade très agréable à travers champs.

3 septembre 1914

Le lendemain je sors pendant 3 heures pour voir les travaux et visiter un autre poste avancé qui se trouve à la cote 351 et qui est fourni par la 11e Cie. J’envoie demander à la gare de Verdun des nouvelles de Sedan et j’apprends que depuis 10 jours les trains ne circulent plus entre Sedan et Verdun. Les officiers doivent porter la capote comme la troupe, afin d’être moins reconnaissables de loin ; j’en commande une à Verdun que je fais arranger et ajuster pour moi. Les communications doivent être coupées avec Reims et Sedan, dit mon carnet, car je ne reçois plus rien.

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