Paul DEVIN 6/26

icones-notesicones-paul

16 août 1914

Dimanche 16 le temps est frais. Le Lieutenant Sérant, qui était chef du poste de police écrit le matin au gouverneur de Verdun pour lui rendre compte d’un fait insignifiant. Je lui inflige 4 jours d’arrêts pour ne pas m’avoir rendu compte à moi-même et je suis obligé d’écrire au gouverneur pour expliquer sa gaffe.

A 10 h je reconnais le Capitaine Livernaux devant les compagnies qui se trouvent à Haudainville; il est très ému de cette cérémonie. Les civils ne peuvent plus circuler sans laissez-passer et j’ai la corvée de viser ces laissez-passer. A 20 h pendant que nous dînons arrive Mr Bihéry père, qui venait d’aller voir son fils au fort d’Haudainville. Je le fais dîner puis je le conduis au presbytère où je lui fais donner un lit, car il est très fatigué, et je lui remets le lendemain matin une lettre qu’il pourra porter à Sedan. C’est une bonne occasion.

Il a plu une grande partie de l’après-midi.

17 août 1914

Le 17 il pleut un peu dans la journée, mais moins que la veille. Dans l’après-midi nous entendons le canon : ce sont de grosses pièces qui tonnent au loin. La première lettre de Reims m’arrive.

La guerre ne m’enlève pas la manie des coquillages et des pierres : je vois des coquillages fossiles dans les tranchées qu’on creuse et j’en rapporte ; en circulant, mes yeux cherchent machinalement et à la fin de mon séjour à Haudainville je finis par en avoir une provision dans ma chambre.

18 août 1914

Le 18 nous avons une belle journée; je vais sur les travaux le matin et j’y retourne l’après-midi: il est bon que les hommes me voient partout. Cela m’intéresse d’ailleurs. Je reçois une dépêche de Marthe en réponse à la mienne, mais elle a mis autant de temps qu’une lettre. J’écris à Reims car ma lettre pourra partir le lendemain par des personnes qui s’y rendent.

19 août 1914

Le 19 je passe la matinée à circuler dans le pays: les bouchers vont enfin nous quitter. Quel nettoyage il va falloir faire! L’après-midi je fais une grande sortie à cheval.

20 août 1914

Le 20 je fais une longue promenade à cheval dans les bois en reconnaissance en avant de nos positions, car il est nécessaire que je connaisse le terrain. J’éprouve un grand charme à cette promenade, il fait bon, les bois sont beaux et je jouis franchement de la nature comme si la guerre n’existait pas.

21 août 1914

Le 21, les boucheries nous quittent seulement. Des troupes doivent venir cantonner à Haudainville et nous recevons l’ordre d’aller cantonner à Belrupt. Ce déménagement ne nous sourit guère, mais il faut bien s’exécuter. Heureusement les troupes qui doivent cantonner ici ne viennent pas et nous pouvons rester. Cela fait des petites alertes.

22 août 1914

Le 22 comme je visitais les travaux du côté de l’ouvrage de St Symphorien, j’ai la surprise de rencontrer Mr Christophe, inspecteur des Eaux et Forêts, qui était à Sedan. Il est chargé de faire abattre des arbres dans le secteur et j’aurai l’occasion de le rencontrer plusieurs fois. Dans l’après-midi, on entend une forte canonnade.

 

Print Friendly, PDF & Email

Laisser un commentaire