Paul DEVIN 5/26

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11 août 1914

Le 11 et les jours suivants, réveil à 3h30 et départ pour les travaux à 4 h. J’assiste au départ et je vais au bureau avant de rejoindre les travailleurs. La journée est très chaude, je circule constamment sur les tranchées et à 10 h j’éprouve une grande fatigue et un coup de chaleur. Je suis obligé de m’étendre sous une hutte en branches pour prendre un peu de repos. L’officier de détails m’a envoyé mon déjeuner là-haut et je me rappelle qu’il y avait un melon que j’ai fort apprécié, car il m’a bien rafraîchi.

12 août 1914

Le lendemain, continuation des travaux et de la chaleur, mais je suis un peu remis de la fatigue de la veille. Je reçois d’Élisabeth une bonne lettre qui est partie de St Denis le 2 août, elle a donc mis 10 jours pour arriver.

13 août 1914

Le 13, le Général donne l’ordre de continuer le travail en deux équipes par demi-journées, car les hommes seraient trop fatigués, n’ayant pas de repos; d’ailleurs les demi-journées sont longues.

14 août 1914

A partir de minuit il passe des troupes sans arrêt vers Verdun, infanterie, artillerie, génie, ambulances. Dans la matinée je visite le secteur de la 10e Compagnie qui se trouve entre le fort et la Meuse, et j’écris au Général pour lui rendre compte. J’apprends la nomination du Lieutenant Livernaux comme capitaine au 15e territorial, j’en suis heureux pour lui, mais je le verrai partir avec beaucoup de peine car il est précieux comme officier de détails et a bien installé son service. J’écris au Lieutenant-Colonel pour tâcher de le conserver au Bataillon, qu’il ne voudrait pas quitter non plus, car il s’est attaché à moi. Je reçois enfin une lettre de Marthe, qui a mis également 10 jours car elle est partie de Sedan le 4 ; je suis heureux des nouvelles qu’elle me donne, car elle s’occupe bien de son côté.

15 août 1914

Le 15 à 6h30 le Général Cobone me fait demander pour aller visiter le secteur avec lui et voir l’état des travaux; rien de particulier, je suis redescendu à Haudainville à 10h1/2 pour assister à la messe, car c’est L’Assomption. J’y vais d’ailleurs chaque dimanche, à moins d’empêchement ; la plupart des soldats qui sont libres y vont également, de sorte que l’église est pleine. Nous avons eu de l’orage l’après-midi avec une pluie violente qui dure pendant trois heures ; le temps est tout de suite refroidi. Je plains les travailleurs et les troupes en marche. On installe dans la journée un centre d’abat à Haudainville.

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