Paul DEVIN 2/26

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3 août 1914

Partis à 2 heures du matin de Paris, nous sommes arrivés à Sedan à 2 heures de l’après-midi. En passant à Reims, j’étais peiné de ne pouvoir descendre, mais il fallait continuer pour aller chercher mes affaires.

A Charleville, nous avons profité d’un arrêt pour aller au buffet. Toutes les tables étaient prises, mais nous avons eu la bonne fortune de rencontrer le Commandant Clairdent qui nous a fait une place et nous a invité à déjeuner. Je me trouvais en chapeau de paille et en veston parmi tous les officiers en tenue!

Nous arrivons à Sedan et j’apprends qu’un train militaire part pour Reims à 4 heures. Cela fait juste deux heures.

Pas de voitures, pas de tramways. Nous partons à pied. Un jeune homme passe à bicyclette, je lui emprunte sa machine pour gagner du temps et je file en avant. Place d’Alsace je rencontre Canderlier avec sa voiture: c’est la Providence qui l’envoie et je lui dis d’aller prendre Marthe qui vient par l’avenue.

Je descends au bureau pour prendre mes papiers militaires et je remonte pour m’habiller et préparer mes deux cantines. Heureusement que je n’ai pas à chercher et que tout était prêt d’avance. Canderlier descend mes bagages, et en route pour la gare. Marthe m’accompagne sur le quai et nous nous séparons bien courageusement et avec confiance. Je revois toujours, pendant que le train s’éloigne, son bras levé comme pour m’accompagner de sa bénédiction; tout son cœur est dans ce geste.

Le train va bien lentement. Aux stations, aux barrières, les habitants qui restent regardent passer les trains et agitent leurs mouchoirs et l’on se sent ému de tous ces vœux qui vous attendent et vous accompagnent.

Enfin j’arrive à Reims, quel soulagement! Il est tard, peut-être 11 heures. J’attends mes cantines et je puis trouver deux hommes qui les portent sur leurs épaules jusqu’à la maison. Mes parents sont bien heureux de mon arrivée: leur crainte était que je ne puisse rejoindre mon poste.

4 août 1914

Le lendemain à 5 heures et demie, j’étais à la Caserne Colbert et j’allai aussitôt me présenter au Lieutenant-colonel que je trouvai encore couché.

Toute la journée a été occupée par les derniers préparatifs du Bataillon, commencés par les Capitaines depuis le dimanche. Toucher mon cheval, mon harnachement, l’argent pour les premières dépenses, me montrer partout dans chaque compagnie et activer tout le monde, car mon Bataillon part dans la nuit pour Verdun et il y a beaucoup à faire pour que tout soit prêt.

Je vais dîner le soir avec le Lieutenant-colonel à l’hôtel du Commerce et je reviens rue Colbert jusqu’à 10 heures. Je quitte alors mes parents pour me rendre de nouveau à Clairmarais auprès de mes compagnies, qui terminent l’habillement et l’armement des hommes.

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