Paul DEVIN 15/26

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18 octobre 1914

Dimanche 18 je fais une sortie à cheval le matin avant d’aller à la grand’messe. Le Sous-lieutenant Delay, de la 12e Cie, atteint d’une ulcération de l’estomac, est envoyé à l’hôpital d’évacuation à Verdun. C’était un très bon officier, ancien adjudant de l’armée active.

19 octobre 1914

Lundi 19 octobre, je suis sorti à cheval de 7 heures et demie à 10 heures et demie.

20 octobre 1914

Le 20 à 11 h je reçois l’ordre de partir avec mon Bataillon et d’être rendu à Ronvaux à 19 h. Il n’y a pas de temps à perdre pour faire relever les postes, emballer et charger les bagages. Je donne l’ordre de rassemblement du Bataillon pour 15 heures et du départ pour 15h45.

La route est humide, et glissante dans les descentes. La 12e compagnie ne doit quitter le fort d’Haudainville que lorsqu’elle aura été relevée. A Haudiomont je rencontre un adjudant Gravet, de la MONCELLE. Nous y faisons un arrêt d’un quart d’heure, et il commence à faire nuit noire, car c’est la nouvelle lune.

En quittant la route de Metz nous tournons à gauche par un petit chemin à ornières et je descends de cheval. Nous n’arrivons à Ronvaux qu’à 19h30 ; il fait nuit et il faut des lanternes pour diriger les hommes vers leurs granges et leurs écuries où l’on est serré et où l’on s’installe tant bien que mal.

Je suis logé chez Mme Leron, où j’ai une chambre assez grande. Nous pourrons faire la cuisine dans une pièce à côté et manger dans ma chambre. Nous faisons partie de la 3e Brigade de la Division de Marche. Cette brigade est commandée par le colonel Streicher qui est à Ronvaux et auquel je vais me présenter.

21 octobre 1914

Le lendemain la journée est chargée pour l’installation au cantonnement. Une section est dans une écurie où il y a des porcs et je la fais changer de local. Nous sommes assez serrés, car il y a de l’artillerie dans le village, qui n’a que 210 habitants. On patauge dans la boue à la suite d’un fort brouillard. Le temps s’éclaircit l’après-midi et est assez doux.

22 octobre 1914

Jeudi les compagnies sont employées à des travaux de tranchées le long de la petite voix ferrée, qui est gardée par des petits postes. Nous sommes aussi chargés de l’entretien des routes. Je fais sortir les cantonniers que je mets chefs d’équipes et j’ai un conducteur des ponts et chaussées, qui est sergent et qui dirige ce travail.

23 octobre 1914

Vendredi matin je monte sur la côte des Blusses qui domine la Woëvre d’environ 150 mètres, mais il y a du brouillard. J’y retourne l’après-midi pour voir au loin la campagne.

24 octobre 1914

Samedi je reçois l’ordre d’envoyer le lendemain deux compagnies à Braquis pour prendre les avant-postes. A midi je pars pour Braquis avec mon maréchal des logis afin de reconnaître un chemin à travers bois. Après en avoir eu de mauvais et tout à fait défoncés et marécageux, nous en trouvons un passable. Nous sommes de retour à 17 heures après avoir entendu siffler des obus pendant le trajet.

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