Paul DEVIN 13/26

icones-notesicones-paul

4 octobre 1914

Dimanche 4 octobre je visite les tranchées et je vais à la grand’messe. Je reçois une lettre d’un chef de bataillon du 330e qui me signale que la capitaine B. a bu et lui a tenu des propos un peu incohérents. Je vais voir ce commandant au bois du Tremblais et en rentrant je fais de sérieuses remontrances au capitaine, que je menace de faire renvoyer à l’arrière. Je suis obligé de le surveiller car il est sujet à caution, et ce n’est que par l’ascendant que j’ai sur lui que je le maintiens. A part ce défaut, c’est un très bon officier.

5 octobre 1914

Lundi après-midi je visite les travaux. A 4h30 la 9e compagnie est envoyée au Tremblais pour remplacer le 330e, qui est envoyée en mission spéciale. Ce régiment a bien installé son campement, avec des salles de verdure pour les salles à manger, les cuisines, un escalier de rondins de 170 marches pour descendre dans le ravin, avec rampe. Tout cela est fait avec goût, bancs et tables avec des branches d’arbres. Les hommes vont à la source pour se procurer des cannes. Le ravitaillement se fait par voiture jusqu’au pied de l’escalier, mais il faut tout monter à bras, y compris l’eau. Le 2ème échelon de l’artillerie du 6e corps (1600 hommes) arrive à Haudainville.

6 octobre 1914

Mardi je vois Mr Husson, vétérinaire, qui est avec le parc d’artillerie du 6e corps cantonné à Haudainville; je lui procure une chambre.

7 octobre 1914

Mercredi j’essaye un nouveau cheval, procuré par Mr Husson. Je prends la route jusqu’à Dieue et je reviens par la lisière des bois; il ne va pas mal; le mien était trop peureux et ne s’habituait pas aux automobiles. Je suis allé visiter le bois du Tremblais avec le docteur. Nous assistons à une fusillade sur un aéroplane allemand. Des balles viennent siffler et tomber de notre côté et nous nous mettons près d’un talus pour éviter d’être atteints; ce serait trop bête de recevoir une balle de Lebel.

8 octobre 1914

Jeudi il fait toujours un temps superbe. J’emploie la matinée à visiter à cheval les travaux des tranchées et des abris. L’après-midi je pars à pied pour visiter les postes du Tremblais et je fais le tour du bois. Cela me fait une belle promenade de quatre heures. Pendant ma tournée, je vois tirer sur un aéroplane allemand. Dans la journée un soldat de la 11e compagnie s’est noyé dans le canal.

9 octobre 1914

Vendredi je suis sorti à cheval toute l’après-midi pour visiter les travaux, jusqu’au fort du Rozellier.

10 octobre 1914

Le lendemain je visite encore les positions, mais le temps est moins beau, temps couvert, brouillard et boue.

Print Friendly, PDF & Email

Laisser un commentaire