Paul DEVIN 10/26

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13 septembre 1914

Dimanche 13 septembre, je vais à la grand’messe après mon travail de bureau. A 13h30 j’envoie vers Mouilly une patrouille de 25 hommes avec le Lieutenant Hécart et le Lieutenant Forzy. Le Caporal cycliste Vilan, poussant une pointe à 4 km vers St Rémy, a attaqué et mis en fuite deux soldats allemands qui essayaient de remettre en marche un camion automobile. Il s’est emparé de leurs armes et de leurs papiers après les avoir forcés à abandonner leur voiture, qui contenait 2000 litres d’essence.

La patrouille est repartie à 21h30 avec un camion automobile pour tenter de ramener le camion abandonné, mais sans succès.

14 septembre 1914

Lundi le 259e arrive à Haudainville. Les nouvelles continuent à être bonnes, mais le temps n’est pas beau.

15 septembre 1914

Les cuirassiers s’en vont mardi matin: ils avaient logé des chevaux dans les salles de l’école et il y a eu un grand nettoyage à faire après leur départ. J’envoie une carte à Reims, qui doit être dégagée, et je reçois une lettre et une carte d’Elisabeth. La pluie d’hier m’a engagé à acheter des caoutchoucs dont je pourrai me servir tant que nous serons à Haudainville. Beaucoup de troupes circulent autour de Verdun.

16 septembre 1914

Mercredi, la bataille est engagée au nord de Verdun: le canon tonne sans arrêt et je monte au fort d’Haudainville pour voir le tir de nos batteries, qu’on voit très bien au fort de Marre et au bois Bourru.

J’ai réquisitionné des bicyclettes dans le pays et j’ai envoyé une patrouille cycliste qui est allée jusqu’à Manheulles et Fresnes en Woëvre où elle a été accueillie par des coups de fusil. Personne n’a été atteint; elle s’est repliée en rapportant des renseignements intéressants. Elle a vu une remorque allemande abandonnée. Le Lieutenant Hécart m’a rapporté un sabre de cavalier allemand.

17 septembre 1914

Jeudi la bataille continue au nord de Verdun. A 6 h du matin je pars pour le bois du Tremblais, accompagnant le Général Cobone qui me prend en passant, venant du fort de Belrupt. Deux compagnies y font des travaux de défense avancée.

Ma patrouille cycliste va vers St Rémy et voit une plate-forme roulante pour artillerie lourde.

18 septembre 1914

Le 259e quitte Haudainville vendredi matin, laissant le cantonnement dans un état de saleté et de vandalisme qui révoltent ; c’est un régiment de réserve du midi, dont l’esprit n’est pas des meilleurs ; il y a des hommes qui ne comprennent pas qu’on les fasse venir pour défendre les gens du Nord et de l’Est!

Il fait mauvais temps!

Il arrive des nouvelles peu rassurantes de Reims qui serait bombardé.

 19 septembre 1914

Samedi, continuation du mauvais temps. J’apprends que Sedan a été le théâtre d’une bataille et aurait souffert. J’ai cependant bon espoir; mais quelles journées pénibles en pensant à Marthe. Départ de l’artillerie, (120 long), pour le nord de Verdun.

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